La nuit du 26 au 27 mars 2026 a été longue pour les producteurs. Vous imaginez l’angoisse d’être réveillé par une alerte météo et de courir dans les vergers pour sauver ce qui peut l’être. Dans l’Oise, un arboriculteur raconte comment quelques degrés en moins peuvent changer une saison entière.
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Une nuit de gel qui secoue les vergers de l’Oise
Dans certaines parcelles, le thermomètre a affiché jusqu’à -5°C. Chez Alexandre Prot, les stations météo installées dans les vergers ont sonné vers 22 heures. Il observe que le froid s’installe puis faiblit quand le ciel se couvre, ici vers 3 heures du matin.
Sur place, les traces sont visibles. Une fleur brunie suffit à comprendre le dommage. De l’extérieur, l’arbre paraît sain. Mais la fleur touchée n’a plus le potentiel pour donner un fruit. C’est brutal et discret à la fois.
Heureusement, les pertes semblent limitées. Alexandre table toujours sur une production d’environ 5 000 tonnes de pommes cette année. Il estime que 10 à 15 % des fleurs sont atteintes. Comme on sélectionne encore les fleurs qui deviendront fruits, l’impact sur la récolte devrait rester gérable.
Comment les arboriculteurs protègent les arbres
La lutte contre le gel commence souvent la nuit. Pour les poiriers, Alexandre a déclenché l’arrosage en pleine nuit. L’eau gèle au contact de l’air froid et du végétal.
Ce film de glace agit comme un écrin. La glace reste à 0°C et empêche la fleur de descendre en dessous de ce seuil. C’est une technique ancienne et efficace quand elle est bien menée.
Chaque culture demande un timing précis. Les poires sont plus précoces. Elles sont souvent plus exposées car leur floraison arrive avant celle des pommiers. Pour la grêle, les vergers peuvent être équipés de filets. Contre les maladies et les pucerons, la vigilance est constante.
Les risques qui persistent jusqu’à la récolte
Le gel n’est souvent que le premier épisode. D’autres nuits froides peuvent survenir jusqu’à début mai. Après cela, la menace devient différente. Il y a le risque de grêle. Il y a aussi le développement de maladies et la pression des insectes.
Alexandre le dit sans détour : on n’est pas tranquilles avant la récolte. Les mois de septembre et octobre restent décisifs. Toute la saison se joue en plusieurs actes. Un faux pas climatique peut réduire les rendements ou affecter la qualité.
Un coût de production qui pèse
La météo n’est pas le seul facteur qui inquiète. Les coûts de production augmentent. La guerre au Moyen-Orient a fait grimper le prix du gasoil non routier. L’électricité a aussi augmenté après les crises récentes.
Malgré ces tensions, le prix payé aux producteurs stagne. La grande distribution et les grossistes achètent le kilo d’apples autour de 1,10 €. Alexandre explique qu’il n’a pas réussi à répercuter toutes les hausses de charges sur le prix payé à la ferme.
La conséquence est simple. Les exploitants cherchent des économies partout. Ils réduisent les coûts là où c’est possible sans nuire aux arbres. Mais il y a des limites à ce qu’on peut économiser sans risquer la qualité.
Que retenir si vous achetez local ?
Si vous achetez des fruits de votre région, vous soutenez des exploitations soumises à des aléas nombreux. Les prix bas en rayon ne traduisent pas toujours le coût réel du travail agricole.
Pensez à vérifier la saisonnalité. Acheter des fruits locaux et de saison aide à stabiliser les revenus des producteurs. Vous pouvez aussi privilégier les circuits courts pour qu’une plus grande part du prix aille directement au producteur.
Pour l’instant, les vergers de l’Oise font le dos rond. Les producteurs surveillent, arrosent et protègent. Vous pouvez suivre ces saisons avec attention. Elles disent beaucoup sur le lien fragile entre climat, coût et alimentation.


